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La photo du mois

 
Jardin du Luxembourg

Dimanche 15 novembre 2009

...et encore non commentés à ce jour. Pourquoi? Parce que trés différents.

Il y a d'abord eu Le ruban blanc de Mickael Haneke



Ce n'est pas un film léger...il m'a fallu du temps pour le digérer. Je ne sais pas encore s'il y a suffisamment de mots pour l'expliquer. Il faut le voir...sublime et inquiétant, en noir et blanc...entre rigueur éducative et religieuse et candeur de l'enfance. Une chose est sûre, depuis que je l'ai vu, je n'ai pas oublié. "Le ruban blanc" fait partie de ces films qui pénètrent votre âme à tout jamais, qui vous aident à comprendre ce qui découlera d'une telle ambiance, vingt ans plus tard....recherche de pureté...pureté de la race... Je suis sortie de là muette tant c'est pesant et oppressant. Il faut laisser le temps faire son chemin....la beauté des images, le mystère qui s'en dégage, le silence, les larmes des enfants, leurs regards butés face à des adultes trop froids, trop rigides, sans merci...c'est un film qui peut paraître terriblement lent à certain moment  mais cette lenteur- ou cette lourdeur- fait partie du processus, il ne retire pas ce qui fait l'intérêt de ce film et ce qu'il en reste, à la différence de bien des films "attrayants" dont on ne se souvient plus quelques jours plus tard.

Synopsis : Un village protestant de l'Allemagne du Nord à la veille de la Première Guerre mondiale (1913/1914). L'histoire d'enfants et d'adolescents d'une chorale dirigée par l'instituteur du village et celle de leurs familles : le baron, le régisseur du domaine, le pasteur, le médecin, la sage-femme, les paysans... D'étranges accidents surviennent et prennent peu à peu le caractère d'un rituel punitif. Qui se cache derrière tout cela ?





....puis,  This is it de Kenny Ortega




Pour ce film- documentaire, rien à voir avec le précédent! Loin de sa vie privée, c'est un hommage à l'homme de scène, bosseur, perfectionniste, talentueux, toujours respectueux...à travers ces images de répétitions avant le grand retour, on comprend bien que Mickael Jackson n'était pas une marionnette placée sur une scène , il savait ce qu'il voulait, il plaçait au bon endroit la bonne vibration, maîtrisait chaque mouvement de danse, il supervisait tout avec sérieux, brio et dans la sérénité. Jamais d'éclats de voix. L'un des intervenants dira "Avec MJ, c'est facile de travailler, la voix est juste"...subitement, on réalise que cet homme ,à la porte de ses 50 ans, avait tout de même derrière lui 45 ans de métier! Effacer tout le reste, ne voir que cela: un homme heureux d'offrir ce qu'il sait le plus offrir, donner à son public de l'amour, du bonheur.

Non, vous ne le verrez pas rentrer chez lui, jouer avec ses enfants, se plaindre d'être fatigué, avoir envie de dormir, faire le vide pour mieux rebondir le lendemain. Il s'agit uniquement de répétitions et des personnes qui l'entourent pour réaliser ce spectacle: danseurs, techniciens, choristes, etc...




J'ai eu beaucoup de plaisir à le voir et entendre parfois la salle applaudir devant sa performance. Certes, il était  trés mince. Est cela qu'il faut retenir de MJ? Certains zooms sur son visage montrent que les répétitions n'étaient pas toujours de tout repos mais quand on voit toute la dynamique pour monter un tel show, est-ce étonnant?...il devait être spectaculaire...il faisait tout pour.



J'en suis sortie avec la nostalgie parce que MJ a marqué notre époque, que l'on soit fan ou pas.


...enfin  2012 de Roland Emmerich   



ou l'arche de Noé revisité!

Synopsis :

Les Mayas, l'une des plus fascinantes civilisations que la Terre ait portées, nous ont transmis une prophétie : leur calendrier prend fin en 2012, et notre monde aussi. Depuis, les astrologues l'ont confirmé, les numérologues l'ont prédit, les géophysiciens trouvent cela dangereusement plausible, et même les experts scientifiques gouvernementaux finissent par arriver à cette terrifiante conclusion.
La prophétie maya a été examinée, discutée, minutieusement analysée. En 2012, nous saurons tous si elle est vraie, mais quelques-uns auront été prévenus depuis longtemps...
Lorsque les plaques tectoniques se mettent à glisser, provoquant de multiples séismes et détruisant Los Angeles au passage, Jackson Curtis, romancier, et sa famille se jettent à corps perdu, comme des millions d'individus, dans un voyage désespéré. Tous ne pourront pas être sauvés...



Jamais de ma vie de spectatrice, je n'ai assisté à une telle séance de cinéma! La salle réagissait aux meilleurs rebondissements, tant spectaculaires que romantiques...la morale n'était pas épargnée, on applaudissait la chûte du vilain. Je m'attendais à tout ce que j'ai vu et ce fut un grand moment de plaisir partagé!!
Quelle ambiance! J'en suis sortie le sourire au lèvres! Légère! J'espère que vous vivrez un tel moment...rare!

Trois films trés différents qui font de nous ce que nous sommes: des instants graves, d'autres plus légers, des images qui marquent notre mémoire. C'est la magie du cinéma...
Par Du soleil sur la page - Publié dans : Cinéma
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Lundi 9 novembre 2009

Et voilà! Taguée for the second time en quelques jours!...cette fois, c'est Sylire qui me lance gentiment l'invitation . 

1) Si on vous proposait d'écrire votre biographie, vous prendriez qui pour nègre? (et oui tout le monde n'a pas un don pour la littérature)

Si je devais écrire ma biographie...oh lala ce serait prétentieux mais bon, je fais comme si...
d'abord, ce serait pour mes descendants uniquement car je n'ai rien fait d'exceptionnel à part pour eux (enfin, j'espère ), des heures à les veiller, à leur raconter des histoires, à leur faire réviser leurs leçons, à leur inculquer certaines valeurs , à leur concocter de bons petits plats, à les faire crouler sous mes bisous, à sillonner les routes de France et d'ailleurs pour les emmener à l'école, au sport, à la musique,visiter des musées (arghh), des tas de jolies choses,  à leur confectionner des tricots avec le personnage de leur choix...je leur parlerai bien évidemment de mon enfance qui, aux dires de mon fils, se situait aux alentours de la Préhistoire puisqu'il n'y avait pas d'ordinateurs! Avec mes mots, ceux qu'ils connaissent et qui restitueront exactement leur maman, je leur raconterai la petite fille sage que j'étais, l'ado timide et pleine de rêves, leurs grands-parents et arrière grands-parents si affectueux...pas besoin de nègre pour cela. Personne entre nous, juste eux et moi et leur papa, bien sûr, avec nos imperfections et surtout tout mon amour.


2)Vous êtes en train de lire le tout dernier chapître d'un livre, celui qui vous a fait passé une nuit blanche, la fin qui vous fait saliver depuis une centaine de pages (notez le jeu de mots siouplé)...lorsque survient un homme , torse nu . On va dire qu'il s'appelle Daniel Craig. Il a l'air chagrin. Il a une petite douleur à l'épaule, et est persuadé qu'un petit massage lui ferait le plus grand bien. Que faites-vous? (Ps pour les garçons: à la place de Daniel Craig, choisissez par exemple Scarlett Johansson...)

Mes parents m'ont toujours dit qu'il ne fallait pas parler aux messieurs que je ne connaissais pas, encore moins leur masser l'épaule ...
Y'en a qu'un qui pourrait me faire arrêter mais il faudrait que ce soit un vrai bobo, authentique hein! parce que j'en suis aux dernières pages et c'est toujours dans ces moments là, quand on ne s'occupe plus d'eux un instant (bon d'accord, ça fait des heures mais même!), qu'ils ont mal!


3) C'est la fin du monde. Quel livre mettriez-vous dans la capsule qui sauvegardera l'humanité? (voudriez-vous vraiment que ce soit Orgueil et Préjugés?)

Trop dure cette question! Je vais mettre ceci...



La cuisine apporte bonne humeur et convivialité...


4)Quelle est pour vous la pause lecture idéale?

Quand je suis seule, dans mon lit ou sur le canapé, coupée du bruit (le soir par exemple quand tout le monde dort ou la journée avec des boules Quiès). Ne pas oublier la tasse de thé (thé noir Marco Polo de Mariage frères, en ce moment!...excellent! fruité, légèrement sucré!)

5)Si vous aviez le pouvoir de trucider/effacer un personnage de roman, ce serait qui?

Chaque personnage a son intérêt, même le plus déplaisant....sans lui, l'histoire ne serait pas ce qu'elle est.
Un personnage "effacé" a aussi sa signification.


6)Sauveriez-vous Voldemort, juste pour avoir un huitième tome?

Personnellement, non parce que je n'ai même pas lu le premier tome...maintenant, si je demande à ma fille qui a tout lu, ses yeux vont s'illuminer mais elle me dira qu'il a tué les parents d'Harry alors il vaut mieux qu'il soit mort!

7)Jusqu'où êtes-vous allés pour un livre?

Jusqu'à traverser l'Atlantique...bien sûr, ce n'était pas mon seul objectif mais quel plaisir d'avoir un nouveau livre français à dévorer!

8)Si vous pouviez retourner dans le passé rencontrer un auteur, ce serait qui? Quelles seraient vos toutes premières paroles? 'A part "bonjour")

J'aurais aimé rencontrer Georges Sand pour sa force d'esprit et son talent. Pas facile de prononcer quelques mots devant une telle femme...peut-être aurais-je murmuré l'une de ces banalités " je vous admire beaucoup" , j'aurais aimé lui demander: "Pourriez-vous me laisser vous voir cuisiner votre galette aux pommes de terre?"...elle m'aurait invitée à Nohant, j'aurais écouté de la musique (Chopin?), entendu parler littérature...la voir évoluer déjà, l'écouter parler, m'aurait suffi car, malheureusement, nous n'avons pas d'enregistrements de cette époque.

9)Décrivez la bibliothèque (personnelle ou pas) de vos rêves?

Une pièce pas trop grande mais couverte de livres , à l'écars de la maison ou du moins, bien isolée du bruit, avec aucun téléphone , un ou deux canapés moelleux qui ne craignent rien,  un bon feu de cheminée l'hiver, des plaids pour se sentir bien les soirs d'été un peu frais ( c'est mon côté breton qui parle!), une table basse pour y poser  tasses (de thé, au hasard),  livres,  post-it et lunettes...avoir un endroit où je peux lire sans être distraite ou dérangée constamment ( si c'est un rêve, autant tout mettre)...un endroit chaleureux où je peux aussi inviter à l'occasion la ( ou les) personne(s) qui partage(nt) la même passion que moi...avant d' arriver à cet endroit, j'aurais mon atelier-peinture, sorte d'anti-chambre, je veux bien la mer à l'horizon...ou un coin de verdure...histoire de détendre les yeux de temps en temps...

10)Vous retournez dans le passé ( décidemment bande de veinards) en pleine 2ème guerre mondiale. Quel livre donneriez-vous à Hitler pour qu'il arrête de cramer des bouquins?

Bon d'abord, retourner en pleine 2ème guerre mondiale, ce n'est pas être veinarde...en plus, avoir comme contemporain Hitler, quelle poisse! Je lui donnerai son Mein Kampf à cramer...ce ne serait pas sans risque, je vous l'accorde mais quel pied!

Je tague Celine si elle en a envie

Par Du soleil sur la page - Publié dans : Taguée!
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Lundi 9 novembre 2009

Par Antigone ...

Le mode d'emploi de ce tag :
"Il faut taguer en couleur !!! chaque participant doit rester dans la couleur qui lui a été attribuée.
mettre un lien sur votre blog vers celui de votre gentil(le) tagueur (tagueuse)
chercher, trouver, photographier 7 choses que vous possédez chez vous, sur votre blog ou vos photos de vacances et qui ont cette couleur ...
Publier ces photos (montage ou pas) sur votre blog perso



Ma première réaction fut de dire "dur défi!  je n'ai rien de jaune autour de moi dans ma nouvelle demeure"...et ce n'est même pas vrai !...d'accord, je n'ai pas de murs jaunes, de meubles jaunes, de voiture jaune, de chaussures jaunes mais j'ai quand même pas mal de touches jaunes par-ci par-là, histoire d'égayer la vie et je ne m'en rends même plus compte!...on ne peut pas avoir un blog qui s'intitule "du soleil sur la page" et ne pas avoir de jaune, enfin !!!...où avais-je la tête!

Donc voilà le résultat, je mets tout d'abord, et surtout, du jaune dans ma cuisine....





....puis dans ma bibliothèque...



...enfin, dans mes vases et mon jardin...




...et aussi un peu, sur mes murs!



Je me rappelle que j'ai un caban de pêcheur jaune doublé de polaire (ma dernière trouvaille pour affronter le vent et la pluie de Bretagne...comme ça, on me verra bien sur la côte!) mais j'ai dépassé les 7 photos! ou alors il faut me re-taguée!

Deuxième défi: finalement le plus dur! 

Choisir à votre tour 7 pôôôvres victimes et les taguer"]

je suis sûre que je vais faire des doublons...alors je vais vous laisser choisir vos couleurs...

mettez-en plein sur vos pages, c'est trés joli!

Merci Antigone



Par Du soleil sur la page - Publié dans : Taguée!
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Samedi 7 novembre 2009
Cette chanson de Marc Lavoine est magnifique et ne manque pas de me rendre nostalgique d'une époque révolue.... 


 

 


Bon week end! 

Par Du soleil sur la page - Publié dans : Musique
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Vendredi 6 novembre 2009

Nous pouvons le voir tout noir ou, au contraire, tenter d'y trouver de l'humour. Jean-Louis Fournier est coutumier du fait. Quand on a lu "Où on va papa?" , on comprend mieux...


Sorti en 2009 aux Editions Anne Carrière, 147 pages

 Présentation

La Bourse s'effondre, les affaires ne marchent plus, le nombre de milliardaires diminue, Monsieur Riche s'inquiète, tout va mal, que faire? Apprenons à écrire, lire et parler le pauvre.

Présentation de l'éditeur en livre de poche, en 2006...

L'été, le jardin de Monsieur Riche sent la rose, celui de Monsieur Pauvre sent la merguez et la sardine. A l'église, les riches sont devant, les pauvres derrière. A la guerre c'est le contraire. Quand Madame Riche a des flatulences, Madame Pauvre pète. Quand Monsieur Riche chasse le lion, Monsieur Pauvre chasse les mouches. Madame Pauvre s'interroge : pourquoi on dit toujours pauvre con, jamais riche con ?

Est ce que j'ai ri comme avec les autres livres du même auteur? Non....et j'ai peu souri car le sujet est  trop sensible. Bien sûr, on dira qu'il faut le lire au second dégré...peut être... j'essaie...mais quelquepart, c'est dérangeant...

Dans ces 56 textes, Jean Louis Fournier ne se gêne pas pour caricaturer ces personnages, souvent à l'excès comme si tous les riches et les pauvres étaient ainsi , c'est probablement ce qui m'a le plus énervée. C'est caustique, percutant, moqueur, cynique... des vérités , bien sûr...quelques tendresses... du ridicule....
Ce n'est pas le livre que je préfère de l'auteur. Parmi tous ces textes, j'ai juste ri sur la chûte du texte: En pauvre "dépression se dit "signe extérieur de richesse", c'est peu!

Ce n'était peut être pas le bon rendez-vous...

 6/67

Par Du soleil sur la page - Publié dans : Littérature française
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Mercredi 4 novembre 2009

             





Par Du soleil sur la page - Publié dans : Elisa forever!
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Dimanche 25 octobre 2009

Un auteur à ne pas manquer!

Après avoir eu un gros coup de coeur pour son dernier roman C'était notre terre, j'ai voulu lire celui ci que j'avais noté au hasard de mes lectures blogesques...il m'attendait bien sagement depuis quelques mois et ce fut à nouveau le même éblouissement.




Editions Phebus Libretto , 127 pages, 1999

"J'ai douze ans et quelques heures. Je viens d'enfoncer le poing dans la crème Chantilly d'un gâteau d'anniversaire. A présent la voiture de ma mère s'éloigne, et je demeure sous le tilleul à tenter de comprendre ce qui n'est pas compréhensible. C'est un soir d'août, roussi de chaleur, qui donne envie de pleurer.
La ferme de mon grand-père est à flanc de colline. Un chemin de châtaigniers y monte, semé de traîtres cailloux gros comme le poing. Ici les ciels sont écurés par un mistral qui n'a pas la main légère. Il en résulte des bleus intenses, tant crus qu'ils indisposent. partout ce ne sont que chêne-lièges, garrigues, rochers qui affleurent et saboulent le paysage. Dans ce repli de terres pauvres ma mère m'abandonne."


Mathieu devra vivre deux ou trois ans avec son grand-père....auparavant , il vivait avec des parents qui ne se supportaient plus, lui la trompait, elle le traitait de salaud....ils en venaient aux mains; le dernier jour, elle lui planta un couteau dans la cuisse, il était temps de partir. C'est Mathieu qui paie injustement  leur séparation et il se révolte à sa manière. Il devient un écorché vif, cruel avec de pauvres petites créatures sans défense, tortionnaire avec le jeune Parrot trop docile ... il a besoin de "faire payer" aux autres ce qu'il endure, c'est aussi pour lui un moyen de survie...car tout explose en même temps. A 12 ans, c'est l'éveil des sens et des grandes révoltes.  

Pourtant le "papé" essaie de lui rendre la vie plus douce. C'est un homme simple, travailleur, solitaire, attentif  et bon. Pour son petit fils qu'il considère comme son fils, il prépare son petit déjeuner, fait le feu dans la cheminée, prépare les repas. Ils partagent quelques taches ensemble. Quelquepart, chacun apporte à l'autre l'amour dont il a besoin. Par sa jeunesse, Mathieu illumine les dernières années du vieil homme et la fin du livre n'en est que plus émouvante.

J'aime l'écriture de Mathieu Belezi, fluide, poétique, violente. je ne vais pas m'arrêter là!

D'autres personnes l'ont lu et ont aimé: Sylire , Antigone  

 5/67

 

Par Du soleil sur la page - Publié dans : Littérature française
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Mercredi 21 octobre 2009


Edition Grasset, 80 pages, Rentrée littéraire 2009



Dés la première phrase, Zweig nous annonce la fin tragique mais laquelle? C'est Betsy qui raconte.

"Pour ma part, j'en suis tout à fait certaine, le meurtrier c'est lui."

Betsy et son mari forment un couple de retraités qui, séduits par la beauté de la vallée de Limpley Stoke proche de Bath, décident de s'y installer. Traversée par le canal de Kenneth-Avon où circulaient autrefois les péniches chargées de charbon, aujourd'hui, cette vallée offre un cadre champêtre idéal pour y couler une fin de vie paisible.

"Nous fimes construire en hauteur une petite maison campagnarde d'où un jardin aux agréables allées bordées de fruits, de légumes et de fleurs, descendait jusqu'au canal, si bien que lorsque nous étions assis au bord , sur notre terrasse dégagée, nous pouvions contempler dans le reflet de l'eau la prairie, la maison et le jardin..."

Manquent quelques voisins pour ne pas être aussi isolés. Peu de temps après, le voeu est exhaussé. La famille Limpley s'y installe. Autant la jeune femme est réservée, autant l'homme est un hyperactif, débordant de passion pour toute chose, extrêmement envahissant...

"Il parlait, il riait, il s'enthousiasmait presque sans interruption; il se dégageait de cet homme imposant, plein de santé et de vitalité, un flot revigorant d'énergie et de bonheur, qui vous emportait....Mais notre engouement initial ne tarda pas à retomber. Humainement Limpley était irréprochable. Il était débonnaire, jusqu'à l'excès, il était altruiste et d'une obligeance telle qu'il fallait à chaque instant décliner ses offres de service, de surcroît il était honnête, loyal, ouvert et loin d'être bête. Mais ce qui le rendait difficile à supporter, c'était sa façon bruyante et sonore d'être heureux en permanence...."

Ombre au tableau, le jeune couple n'arrive pas à avoir d'enfant et la jeune Mme Limpley semble bien triste. Dans toute sa bonté, Betsy pense qu'il serait bon que quelquechose la divertisse en l'absence de son mari et elle pense lui offrir un petit chien. La jeune femme reste réservée comme à son habitude mais son mari explose de joie...à peine s'il ne faut pas aller chercher le chien de suite! Il en fera le plus heureux des chiens, le plus beau , le mieux nourri....et le plus mal élévé!

Ponto devient un tyran, le maître du maître, un chien-roi comme nous dirions aujourd'hui un enfant-roi...grâce aux excès de Monsieur Limpley. C'est tout le contraire de ce que Betsy pensait offrir à la jeune femme.

"C'est ainsi que Ponto, un simple chien, avait réussi à refroidir nettement nos relations jadis si amicales."

Lorsque Madame Limpley se retrouve enceinte après neuf ans d'attente, elle n'ose même pas l'annoncer à son mari car elle le connait trop bien, cet homme fougueux. Elle passe donc par Betsy et son mari pour l'avertir, et éventuellement calmer ses ardeurs. Bien sûr, ce qui devait arriver, arriva. Monsieur se précipita chez lui séance tenante sans même saluer en partant et entoura immédiatement sa femme des meilleurs soins, oubliant dans la foulée Ponto et ses airs supérieurs.

Que pensez-vous qu'il arriva de l'impérieux Ponto, trop choyé, trop dorloté, n'en faisant qu'à sa guise du matin au soir, se retrouvant du jour au lendemain déchu de tous ses privilèges?

"Le drame qui va suivre est d'autant plus tragique qu'il reste inexpliqué" dit la quatrième de couverture.

...et seul, un soupçon légitime persistera dans la tête de Betsy.

Dans ce style fluide et tout en délicatesse qui est le sien, Stefan Zweig est incomparable dans l'art d'évoquer de telles situations de jalousie, de vengeance, de passion démesurée...je vous invite à découvrir cette superbe nouvelle inédite à ce jour, sortie le 15 octobre.
J'ai adoré comme chaque fois que je lis cet auteur.


De la grande littérature!

Par Du soleil sur la page - Publié dans : Littérature allemande
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Mardi 20 octobre 2009

Editions NIL, 396 pages, 2009

Tout d'abord, il y a eu ce titre original et quelques peu énigmatique qui a attiré mon attention dés sa parution, puis tous les billets élogieux sur la blogosphère. J'ai fini par l'acheter et voilà! Je viens d'en refermer la dernière page!
Ce style épistolaire plein de charme, de tendresse et d'humour britannique a eu raison de moi.

J'ai aimé cette amitié qui se tisse au fil des lettres, cette solidarité aussi entre personnes de conditions différentes unis dans un même destin. C'était une jolie manière de découvrir un peu Guernesey et son histoire pendant la Seconde Guerre Mondiale, une île coupée du monde pendant 5 ans. L'occupation allemande, les privations, le couvre-feu, les rafles, tout a contribué à faire d'eux des êtres inséparables.

Juliet Ashton, jeune écrivain habitant Londres, est une femme indépendante, dynamique,  avec un franc parler. Après une histoire personnelle douloureuse, elle doit s'assumer seule. Les lettres commencent en janvier 1946 alors qu'elle présente son livre au cours de déjeuners littéraires à travers l'Angleterre. Elle s'entretient alors avec son ami et éditeur Sidney Stark mais aussi avec la soeur de celui-ci. Izzy s'en va-t-en geurre rassemble tous les articles qu'elle a publiés dans un journal au cours de la guerre, relatant la vie de ses compatriotes à cette époque. Ses écrits, dira Amélia, sont informatifs, distrayants et amusants. Ils rencontrent le succès mais , en ce début d'année, il lui faut trouver un nouveau sujet car la jeune femme compte bien vivre sérieusement de sa plume et sa biographie sur Charlotte Brontoë n'a pas vraiment marché.

Lorsqu'elle reçoit la lettre d'un certain Dawsey Adams de Guernesey, sa vie prend un nouveau tournant. L'homme fait partie d'un cercle littéraire créé dans l'urgence et qui regroupe plusieurs personnes plus sympathiques les unes que les autres. C'est avec eux qu'elle va commencer une correspondance régulière et nous amener à découvrir ce que fut leur histoire au cours de cette tragique époque.

J'ai passé un moment exquis où j'avais moi même l'impression de recevoir ces lettres, de vivre à leurs côtés . Ce livre m'a rappellé, comme Sylire,  "84, Charing Cross" d'Helen Hanff ...et pourquoi, je ne sais pas? dans l'atmosphère peut être? parce que l'histoire commence par une correspondance sur la toile, parce que ça se passe en partie en Angleterre et qu'il y a une histoire d'amour au bout du fil, j'ai donc pensé au film "The holiday" avec Kate Winslet...du coup, j'ai imaginé cette actrice prêtant ses traits à Juliet....parfois , les raisons sont bien obscures et désarmantes!

A aucun moment, je n'ai trouvé la recette de la tourte aux épluchures de patates!

Beaucoup d'entre vous l'ont aimé et je crains de faire des impasses. C'est chez Sylire que je l'ai noté en premier. Elle vous renvoie à d'autres liens.

 4/67

Un billet de Florinette qui en fit l'un de ses coups de coeur du début d'année 2009.
Par Du soleil sur la page - Publié dans : Littérature américaine
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Vendredi 9 octobre 2009
Marguerite Yourcenar ( 1903-1987)







Je ne vais pas écrire ici tout ce qui a été dit et fait autour de Marguerite Yourcenar. Au détour de ses rencontres et entretiens avec Mathieu Galey et Bernard Pivot, vous trouverez l'essentiel...il vous suffit d'aller sur le site de L'INA et  de taper Marguerite Yourcenar....vous entrerez alors dans la caverne d'Ali Baba et  vous y passerez de  longues heures...

Non, je vais plutôt vous emmener sur les traces de l'écrivain, tel que je l'ai vécu cet été.

Décédée le 17 décembre 1987 à Bar Harbor, sur l'île des Monts Déserts, en territoire américain, sous la nationalité américaine...ce qui reste de cette femme là-bas, en dehors de son oeuvre , après y avoir vécu la moitié de sa vie, de 1942 à 1987, c'est ce site spectaculaire , cette modeste maison blanche, 3 petites plaques dans un cimetière difficile à trouver...et quelques personnes qui l'ont bien connue et qui vivent encore comme Joan Howard, cette universitaire qui nous fait visiter les lieux ...elle nous confie au détour de sa conversation qu' une des amies de Madame vit toujours, elle a plus de cent ans!

"Madame", c'est ainsi que Marguerite Yourcenar se faisait appeler. Chaque dimanche de 14 à 17h, elle acceptait de recevoir tous ceux qui le désiraient, du plus lettré au plus humble d'entre eux. Cela se passait dans le parloir, à l'entrée à gauche, là où fut reçu Bernard Pivot. Grace Frick qui vécut quarante ans avec l'académicienne et qui travaillait à ses côtés, avait la lourde tache de filtrer ceux qui se présentaient au mauvais moment...

Le site...



L'île des Monts Déserts 
, splendide et sauvage, semble se trouver au bout du monde, aux confins du Canada, sur l'ancienne Acadie de Louis XIV, gouvernée un temps par un baron pyrénéen du nom de Cadillac. Nous retrouvons son nom sur ce territoire boisé, actuel Acadia National Park donc les rivages sont de granite rose. Le Mont Cadillac s'élève à 466 mètres. Plus tard, son nom donna naissance à la fameuse voiture....

Site spectaculaire, l'île des Monts Déserts se trouve dans le Maine (USA) et a pour principale ville BAR HARBOR. En plein été, rien de sensationnal à dire sur la ville qui regorge de touristes passant d'un magasin de vêtements à un  magasin de souvenirs quand ce n'est pas un restaurant ...

En 1901,  ce territoire fut acheté par trois mécènes dont J.D Rockfeller afin de le mettre sous la protection de l'état fédéral et en 1916, Acadia National Park vit le jour. Le richissime Rockfeller finança 72 kms de chemin côtier et ce même monsieur qui possédait une immense propriété perdit tout lors d'un incendie, en 1947...il dut faire reconstruire parce que la propriété actuelle fait face à la petite maison de l'écrivain.

Si je devais revenir, j'essaierais l'automne avec ses couleurs chaudes ou bien l'hiver quand tout est recouvert de neige...jugez par vous même ICI ,les photos sont magnifiques et me font rêver. Comme je comprends qu'une femme telle que Marguerite Yourcenar est eu envie de s'y installer, non loin de l'eau...

La maison...

à Northeast Harbor se trouve au centre de l'île, dans le sud, au bord du plus grand bras de mer qui pénètre dans ses terres autrefois désertes, d'où son nom. C'est là que Petite Plaisance survit à sa propriétaire.

"Il existe des maisons privées d'âme par l'absence, en revanche il s'en trouve d'autres que rien n'empêche de rester habités quoi qu'il arrive..."

C'est vrai! Lorsque nous entrons dans la maison, nous sommes assaillis par l'odeur d'une vieille femme qui semble encore vivre là...à moins que ce soit l'odeur de ses 7000 livres, de ses châles qui recouvrent chaque dossier de fauteuil où elle avait l'habitude de s'assoir....ou un peu de tout ça sûrement...en tout cas, elle est là, bien présente encore plus de 20 ans après sa disparition...



"Une Petite-Plaisance désignait au xviie siècle un mouillage pour se ravitailler en eau douce. Simple halte au cours d'une traversée : ainsi Marguerite Yourcenar voit-elle sa maison lorsqu'elle décide, en 1950, de s'installer dans l'île de Mount Desert et d'y résider entre deux voyages... Terre indienne du Maine septentrional où les hivers sont rudes et l'atmosphère souvent humide et brumeuse. On devine la mer plutôt qu'on ne la voit. Elle est partout, entre les doigts déchiquetés de la côte, au ras des forêts sombres. La maisonnette blanche en bois ne dépare pas le paysage. Elle fait partie aujourd'hui d'une zone résidentielle ; d'autres maisons plus vastes l'entourent, une petite route passe devant la pelouse. Allure juvénile et sourire chaleureux, une universitaire, Joan Howard, en assure la direction et l'habite quelques mois par an après y être venue du vivant de « Madame ». Rien n'a changé ; simplement, on met de côté les dessus-de-lit pour éviter qu'ils ne s'abîment. Partout, des livres, des gravures, des objets chéris pour leur beauté ou leur signification : abat-jour peints par Marguerite et ornés de devises grecques ou latines, Piranèse sur les murs de la salle à manger, portraits des s?urs Brontë dans la chambre d'amis, collections de pierres et de bouteilles en verre bleu dans les salles de bains aux carreaux de faïence portugaise, harpe... " Evelyne Bloch-Dano




Faisant face à cette petite maison de bois peinte en blanc, la grande propriété des Rockfeller ,aujourd'hui louée à des vacanciers fortunés...autrefois, ses riches voisins lui permettaient de traverser leur propriété pour se rendre au bord de l'eau, si proche....




Porche d'entrée



http://museeyourcenar.chez.com/petite_plaisance_094.htm

Le cimetière...

à SOMESVILLE



Difficle de le retrouver! C'est en cherchant vainement le cimetière que nous avons rencontré un charmant couple de français retraités, venant spécialement du Canada pour la voir, pour se recueillir sur sa tombe...



Un torrent longe la petite route qui mène au cimetière...c'est là qu'elle voulait être enterrée parce que c'est là qu'elle a passé ses premiers temps dans la région avec Grace Frick...



En entrant dans le cimetière, nous longeons sur la droite sans entrer par ce porche, nous découvrons une flèche "Marguerite Yourcenar"et nous nous interrogeons...des centaines de tombe s'offrent à nous....au loin, un jeune couple tourne autour d'une tombe... Ils regardent, se recueillent, ça me parait  presque indécent de venir les déranger...ils remontent silencieusement dans leur voiture...nous, nous sommes à pieds et le temps d'approcher tout en cherchant parmi les dalles, nous passons devant "leur" tombe...c'est là que nous remarquons qu'il s'agit de celle Marguerite... 

Elle repose là auprès de Grace Frick décédée en 1979...une autre dalle attire notre attention,, comme leur faisant face,  celle de Jerry Wilson, purement commémorative...il fut le dernier compagnon de la dame. Avec lui, elle voyagea. Il mourut en 1986, à l'âge de 37 ans.




"Plaise à Celui qui Est peut être de dilater le coeur de l'homme à la mesure de toute la vie"

Vous pouvez découvrir d'autres photos ICI

A trés bientôt! Je vous souhaite un bon week end!

Par Du soleil sur la page - Publié dans : Rencontres d'écrivains
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