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M. Aguéev Roman avec cocaïne
Karin Alvtegen "Ténébreuses
Maya Angelou "Tant que je serai noire"
Metin Arditi "Le Turquetto"
Ishmael Beah "Le chemin parcouru"
Mathieu Belezi"C'était notre terre"
Mathieu Belezi "Le petit roi"
Jeanne Benameur "Les demeurées"
Jeanne Benameur "Laver les ombres"
Jeanne Benameur "ça t'apprendra à vivre"
Alan Bennett "La reine des lectrices"
Nina Berberova "L'accompagnatrice"
Nina Berberova "Les dames de St Petersbourg"
Nina Berberova "De cape et de larmes"
Nina Berberova "Le laquais et la putain"
Charles Bertin La petite dame en son jardin de Bruges
Philippe Besson "La trahison de Thomas Spencer"
Julie Birmant et Catherine Meurisse "Drôle de femmes"
Jean Philippe Blondel "Accès direct à la plage"
Janine Boissard Sois un homme, papa
Madeleine Bourdouxhe "A la recherche de Marie"
Emmanuel Bove "Mes amis"
Emmanuel Bove "Le pressentiment"
C.J.Box "Meurtres en bleu marine"
Serge Bramly "Le premier principe, le deuxième principe"
Emmanuel Carrère "L'adversaire
Alberto Cavalieri "La fuite de Tolstoï"
Sorj Chalandon "Mon traitre"
Sorj Chalandon "Retour à Killybegs"
Jacques Chessex "Un juif pour exemple"
Harriet Scott Chessman "Lydia Cassatt lisant le journal du matin"
Philippe Claudel "Le café Excelsior"
Harold Cobert "Un hiver avec Baudelaire"
Maryse Condé "Le coeur à rire et à pleurer"
Maryse Condé "Victoire, les saveurs et les mots"
Rachel Cusk "Arlington Park"
Jeffery Deaver "Clair de lune"
Didier Decoin "Est-ce ainsi que les femmes meurent?"
Frédérique Deghelt "La grand mère de Jade"
Frédérique Deghelt "La vie d'une autre"
Frédérique Deghelt " La nonne et le brigand"
Erri de Luca "Le poids du papillon"
Philippe Delerm "Ma grand-mère avait les mêmes"
Agnès Desarthe "Le remplaçant"
Delphine de Vigan "No et moi"
Delphine de Vigan "Les heures souterraines"
Bret Easton Ellis "Moins que zéro"
John Fante "Mon chien Stupide"
Maxence Fermine "Opium"
Maxence Fermine "Neige"
Caryl Férey "Zulu" Prix des lectrices de ELLE 2009 (Policier)
Véronique Fiszman "Petites faiblesses inavouables"
Marie-Madeleine Flambard "En terres de Chine"
David Foenkinos "Les souvenirs"
Elise Fontenaille "Les disparues de Vancouver"
Elise Fontenaille "L'homme qui haïssait les femmes"
Jean Louis Fournier "Il a jamais tué personne, mon papa"
Jean Louis Fournier "Le C.V. de Dieu"
Jean Louis Fournier "Où on va papa?"
Jean-Louis Fournier "Les mots des riches, les mots des
pauvres"
Jean Louis Fournier "Veuf"
Carlos Fuentes "L'instinct d'Ines"
Claudie Gallay "Les déferlantes"
Claudie Gallay "L'office des vivants"
Charlotte Gilman "La séquestrée"
Daniel Glattauer "Quand souffle le vent du nord "
Daniel Glattauer "La septième vague"
Valentine Goby "Qui touche à mon corps je le tue"
Robert Goolrick "Féroces"
Lyane Guillaume "Laveuse de chiens"
Sara gran "Dope"
Katharina Hagena "Le goût des pépins de pomme"
Michèle Halberstadt "Un écart de conduite"
Stéphane Hoffmann "Les auto tamponneuses"
nancy Huston Lignes de faille
Angela Huth Invitation à la vie conjugale
Henri James Ce que savait Maisie
Jennifer Johnston Un noël en famille
Laura Kasischke "Les revenants
Philip Kerr La trilogie berlinoise
Camilla Läckberg Le princesse des glaces
Camilla Läckberg Le prédicateur
Camilla Läckberg "Cyanure"
Dany Laferrière L'odeur du café
Dennis Lehane Shutter Island
Marie dominique Lelièvre Sagan à toute allure
Julia Leigh Ailleurs
Doris Lessing Victoria et les Staveney
Wangari Maathai Quand je serai noire
Mira Maguen Des papillons sous la pluie
Andreï Makine La vie d'un homme
Andreï Makine La femme qui attendait
Marcus Malte Toute la nuit devant nous
Marcus Malte Garden of love
Yves Mamou Camélia.came
Michèle Manceaux Le dernière à gauche en montant
Jean Paul Mari Sans blessures apparentes
Roger Martin -Chauffier "Jusqu'à ce que mort s'ensuive
Katarina Mazetti "Le mec de la tombe d'à côté"
Melania G. Mazzucco Elle tant aimée
Nick McDonell Guerre à Harvard
Ian McEwan Sur la route de Chesil
Claire Messud Les enfants de l'empereur
Bertrand Meyer-Stabley "La comtesse Tolstoï"
Kiyoko Murata Le chaudron
'Irène Némirovsky "Chaleur du sang"
Irène Némirovsky "Le malentendu
Irène Némirowsky "Le bal"
Eric Neuhoff "Mufle"
Amélie Nothomb Le fait du prince
Amélie Nothomb Le voyage d'hiver
Amélie Nothomb et le Japon (1)... Stupeur et tremblements
Amélie Nothomb et le Japon (2)... Métaphysique des tubes
Amélie Nothomb et le Japon (3). Ni d'Eve ni d'Adam
Amélie Nothomb "Tuer le père"
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Maggie O' Farrell "L'étrange disparition d' Esme Lennox"
Véronique Olmi "La promenade des russes"
Heather O' Neill La ballade de Baby
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Ghislaine Ottenheimer Venez donc passer quelques jours chez nous
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Jay Parini "Une année dans la vie de Tolstoï"
Georges Perec "Les choses"
Anne Perry "Un noël plein d'espoir"
Zoyâ Pirzâd Un jour avant Pâques
Jacques Poulin La tournée d'automne
Proust " Sur la lecture"
Georges-François Rey Sauter du coq à l'âne
Yasmina Reza "Le dieu du carnage
Jorn Riel La vierge froide et autres racontars
Tatiana de Rosnay Elle s'appelait Sarah
Philip Roth "Le rabaissement"
Carlos Ruiz Zafon "Marina"
Richard Russo Le pont des soupirs
Vita Sackville-West Toute passion abolie
Vita Sackville-West Paola
Vita Sackville-West Plus jamais d'invités
Vita Sackville-West "Dark Island"
Anna Sam Les tribulations d'une caissière
Colombe Schneck Val de Grâce
Hubert Selby Jr Le démon
Mary Ann Shaffer et Annie
Barrows Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates
Aki Shimazaki "Tsubaki "
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Aki Shimazaki "Tsubame"
Aki Shimazaki "Wasunegarusa"
Aki Shimazaki "Hotaru"
Marie Sizun Le père de la petite
Marie Sizun Jeux croisés
Marie Sizun La femme de l'allemand
Marie Sizun Eclats d'enfance
Marie Sizun La plage
Richard Skinner Le gentleman de velours
Kate Summerscale L'affaire de Road Hill House
Jean Teulé Le magasin des suicides
Jean Teulé Mangez-le si vous voulez
Jean Teulé Le Montespan
Ivan Tourguenieff Dimitri Roudine
David Vann Sukkvan Island
Elizabeth von Arnim Elizabeth et son jardin allemand
Aurora Vanturini Les cousines
Tanguy Viel Paris Brest
Jeannette Walls Le château de verre
Stanislas Wails "La amison Matchaiev"
Marguerite Yourcenar Le coup de grâce
Stefan Zweig "Un soupçon légitime"
Stefan Zweig "Légende d'une vie"
Stefan Zweig "Le voyage dans le passé"
Editions Gallimard/ Folio, 178 pages, 2009
Sonia , quarante deux ans, écrivain, se prépare à marier sa fille Anna qui est née de son union, brève et passionnée, avec Matthew, étudiant en journalisme à Londres. Elle avait alors dix-huit ans et avait décidé de quitter Paris parce qu'elle avait envie des autres et peur de pas grand chose. Elle écrivait chaque matin, lisait et visitait la ville ensuite avant de prendre son poste de serveuse dans un pub gay...c'est derrière le British Museum qu'elle rencontra Matthew. Ils vécurent trois semaines ensemble, complices avant que le jeune homme ne parte au Mali parce qu'il avait gagné un concours pour jeunes journalistes. A son retour en France, Sonia découvre qu'elle est enceinte et décide de le garder malgré les protestations de sa famille.
Jamais je n'ai eu l'idée de retrouver Matthew et de lui dire.
Anna épouse Alain, un homme parfait, futur huissier en ce 21 Avril. Il paie tout, sa fille organise tout, à la minute près. Sonia qui est trés attachée à sa fille mais qui constate leurs différences revient sur ses vingt-trois dernières années...
Quand Anna avait douze ans, Anna a mis le feu à un manuscrit que je n'avais pas encore rendu. Ce n'était pas un accident, elle l'a fait méthodiquement. Elle a placé le manuscrit dans l'évier et elle y a mis le feu avec de grandes allumettes de cheminée (...)Quand je suis rentrée, elle m'a dit tout simplement "J'ai brûlé ton livre"(...). J'ai eu tellement de peine pour elle, tout à coup, elle si sage d'habitude, amenée à détruire quelquechose qu'elle sait m'être cher....
J'ai peut-être donné à Anna tout mon amour mais je ne lui ai pas donné une famille. Je le vois bien aujourd'hui: pas de tantes, pas de cousins, de frères, de neveux, et de nièces. Dans ce mariage, je ne connais que peu de personnes. (...) Demain, le couple marié se fera d'autres amis, une autre famille et s'éloignera de plus en plus du cercle de solitude que je représente. Je finirai seule, avec mes personnages de roman et, comme un livre, je prendrai poussière et on m'oubliera...
Pourquoi n'ai-je pas suivi tout le monde? Pourquoi n'ai-je pas crié encore pour que le lendemain ma voix porte encore les traces de ma joie du mariage de ma fille? Voilà, comme à mon habitude les regrets d'avoir râté un moment, rampent jusqu'à moi, voilà, mon esprit torturé et tortueux reprend ses marques et ses aises...
Depuis Matthew, je fais toujours attention à ne pas m'attacher, à ne pas tomber amoureuse, à ne pas avoir des rêves et des espoirs de ce genre...
Moi, je n'ai fait que me retenir toute ma vie....
...elle est cela, Anna, le fruit de mon imagination et de mes envies profondes. Jamais je n'ai vu d'enfant si sage si vite, si lisse parfois, si consciente de ses responsabilités envers moi, sa mère. Comme si trés tôt, elle avait su que je l'avais mise au monde pour me recadrer, pour faire de moi une grande personne, une adulte aux yeux des autres et une ombre aussi pour me réfugier...
Moi qui ai tant pesté contre les communautés, contre la couleur de peau, les types de cheveux, voilà que moi-même j'ai d'une façon simple et évidente , écarté ma fille de moi. Parce qu'elle est pâle, parce qu'elle aime les chiffres, parce qu'elle aime l'ordre et les agendas, parce qu'elle veut une vie de dame, parce qu'elle n'aime pas comme moi les flous et les non-dits. J'avais peut -être oublié qu'elle était la part cachée de moi-même, celle que j'aurais été si j'étais restée avec mes parents dans ce pays ensoleillé et étriqué, ce pays magnifique et raciste, ce pays où le travail est une vertu et le mensonge un art de vivre....
"La noce d'Anna", c'est un regard sensible et émouvant sur la vie d'une mère célibataire qui voit son enfant partir. Un petit couple à deux mère-fille qui se termine, avec ses bonheurs et ses crises . Déracinée de son pays ( Maurice), sans famille, elle fait de la peine , Sonia. Toute sa vie aura été tournée vers cette enfant , ne s'autorisant pas de vivre pour elle. Je la sens tellement fragile en ce jour heureux où elle a du mal à se retrouver. Sera-t-il pour elle aussi un jour heureux?
Trés beau roman que je recommande vivement.
Editions Actes Sud/ Babel, 253 pages, 2009
Plusieurs fois par semaine , Désirée Wallin rend visite à son mari, Orjan, allongé trois mètres sous terre depuis cinq mois. Accident de vélo. De quoi être furieuse quand même ! Il n'avait pas quarante ans et ils n'étaient mariés que depuis cinq ans. Désirée va fêter ses trente-cinq ans, elle aime la culture, l'opéra et les vêtements ternes. Elle n'a pas d'enfants et ça aussi, ça la fâche car son horloge biologique la titille depuis qu'ils avaient commencé à en parler. Elle est donc surtout trés en colère, pas triste mais en colère. Orjan était un brave garçon, pas trop porté sur le chose ,comme elle. Ils avaient leur petite routine et ça semblait leur convenir. A l'heure de la pause de midi, Désirée sort de la Bibliothèque où elle travaille et prend place devant la tombe, sur un banc. Elle ne met aucune plante. Elle la regarde simplement et écrit ce qui lui passe par la tête dans un petit carnet bleu. A côté d'Orjan se trouve une stèle de marbre blanc , grotesque et couverte de plantes. Elle est visitée par un homme du même âge que Désirée. Un jour, il s'assoit à côté d'elle . Il a une drôle d'odeur sur lui et seulement trois doigts à une main.
L'homme, c'est Benny, un agriculteur qui se recueille sur la tombe de ses parents. Il appelle Lacan, Lacong. ça aussi c'est surprenant, un homme de cet âge qui ne connait pas Lacan! Il vit seul , à quarante kilomètres de sa ville, dans une ferme qui ne ressemble pas du tout à celle idéalisée par Carl Larsson. Depuis que sa mère est décédée, il aimerait bien trouver une femme pour l'aider car le travail est dur. Quand il la voit la première fois, il ne trouve pas Désirée à son goût, "femme beige", "décolorée". Lui, il aime les femmes qui clame "Regardez-moi" et il aimerait bien se débarasser d'elle qui occupe SON banc. Putain, je ne peux pas la blairer, je ne peux vraiment pas la blairer!
Rien ne semble donc pouvoir rapprocher ces deux êtres endeuillés et solitaires sauf peut-être un sourire magique? un sourire plein de soleil, des fraises des bois, des gazouillis d'oiseaux et des reflets sur un lac de montagne, pour lui ; un sourire, comme une gamine en vacances ou comme une môme devant son premier vélo, pour elle.
Une histoire d'amour nait entre eux, fusionnelle. Tout les oppose, leur mode de vie, leur lieu de résidence, leur culture, leurs attentes, leur enfance, leurs amis. Que peut-on en attendre ?
Roman à deux voix, drôle, tendre, émouvant, assez réaliste. La lecture est agréable, ça se dévore en deux soirées!
Ces deux -là sont maladroits, campés sur leur position mais j'ai trouvé le personnage de Benny plus sympathique, plus authentique alors que celui de Désirée est inconstant..il parait qu'il y a une suite, j'aimerais bien savoir ce qui va se passer après les trois essais...???
Je remercie mon amie Sylvie qui m'a fait ce cadeau afin de partager ensemble ce petit bonheur de lecture.
Ce livre fera partie du challenge "Scandinavie Blanche et noire à la carte" que Prune a lancé sur son blog en début d'année. Malgré mes bonnes résolutions de la rentrée, je me suis lancée dans ce défi, Catégorie Flocon soit 7 livres...5 des 5 pays nordiques cités + 3 auteurs différents d'un des pays au choix...et là, je vais devoir lire la suite du mec d'à côté parce que je suis curieuse... d'ici que je glisse sur le défi "Etoile des neiges"!? Bonne nouvelle, c'est jusqu'en décembre 2013 !
Editions Julliard, 144 pages, 1999
Tout commence par la description d'un bel appartement imaginaire...
Il leur semblerait parfois qu'une vie entière pourrait harmonieusement s'écouler entre ces murs couverts de livres, entre ces objets si parfaitement domestiqués qu'ils auraient fini par les croire de tout temps crées à leur unique usage, entre ces choses belles et simples, douces, lumineuses. Mais ils ne s'y sentiraient pas enchaînés: certains jours, ils iraient à l'aventure. Nul projet ne leur serait impossible. Ils ne connaîtraient pas la rancoeur, ni l'amertume ni l'envie. Car leurs moyens et leurs désirs s'accorderaient en tous points, en tout temps. Ils appelleraient cet équilibre bonheur et sauraient, par leur liberté, par leur sagesse, par leur culture, le préserver, le découvrir à chaque instant de leur vie commune.( p.16-17)
Années 60. Le jeune couple d'étudiants vit dans un appartement minuscule. Leur situation économique et leur position sociale ne leur permettent pas mieux. Ils aimeraient vivre dans le confort et la beauté, s'enrichir vite.
Jérôme et Sylvie, jeunes gens bouillonnants d'après guerre, peu enclins aux études, qui veulent surtout vivre et profiter de la vie , se démarquer de leurs aînés qui ont manqué ,souffert et qui poursuivent encore une guerre loin de chez eux, deviennent psychosociologues , un métier qui n'en est pas vraiment un mais qui démarrait fort dans ces années-là. Ils se montrent de bons enquêteurs et l'argent arrive qui va leur permettre de "mieux vivre", rêver un peu. Ils entrent dans la spirale de la surconsommation, allant des petites trouvailles pas chers aux objets les plus chers...accumuler, accumuler, étouffer sous les objets....
Petit à petit, je me suis sentie m'éloigner d'eux. Je les ai trouvés de plus en plus envieux, impatients, inconsistants, en perpétuelle recherche d'un El Dorado en attendant que ça leur tombe dans la main. Cette position m'a désarçonnée car je pensais que c'était surtout un phénomène actuel !
Ils aimaient la richesse avant d'aimer la vie.
Dans le monde qui était le leur, il était presque de règle de désirer toujours plus qu'on ne pouvait acquérir(...)déceptions (...) hargnes...ils comprenaient, parce que partout, tout autour d'eux, tout le leur faisait comprendre, parce qu'on le leur enfonçait dans la tête à longueur de journée, à coups de slogans, d'affiches, de néons, de vitrines illuminées, qu'ils étaient toujours un petit peu plus bas dans l'échelle, toujours un petit peu trop bas. Encore avaient-ils cette chance de n'être pas, loin de là, les plus mal lotis.
Jérôme ét Sylvie sont bien conscients qu'il leur faudra trouver un boulot stable avant trente ans ...qui ne travaille pas ne mange pas, mais qui travaille ne vit plus....Ils se sentaient enfermés, pris au piège, faits comme des rats...Les gens qui choisissent de gagner d'abord de l'argent, ceux qui réservent pour plus tard , pour quand ils seront riches, leurs vrais projets, n'ont pas forcément tort. Ceux qui veulent vivre, et qui appellent vie la liberté la plus grande, la seule poursuite du bonheur, l'exclusif assouvissement de leurs désirs ou de leurs instincts, l'usage immédiat des richesses illimitées du monde -Jérôme et Sylvie avaient fait leur ce vaste programme-, ceux-là seront toujours malheureux... A part les trop pauvres ou les trop riches.
La guerre d'Algérie entre dans leur vie, dans celle de leurs amis, avant de prendre fin . Les amis se rangent et s'éloignent. .
Ils pouvaient ,tout comme les autres, arriver; mais ils ne voulaient qu'être arrivés !
Jérôme et Sylvie choisissent donc de partir et trouver mieux ailleurs...mais Les Choses ne sont qu'un prétexte au bonheur. Sans elles, que reste-t-il vraiment ? Une vie sans rien.
Difficle de parler d'un livre aussi remarquable sans l'écorcher. En le refermant, je me suis rendue compte qu'il était bourré de Post-it ! Je pense qu'il devrait être lu par toutes les jeunes générations d'aujourd'hui , de demain, de tous les temps.
Sa conscience aigüe de la dureté de la vie l'amenait à penser que tous ces bonheurs lui seraient arrachés si elle exposait ses sentiments profonds au grand jour. Pour elle, d'ailleurs, il ne s'agissait pas de solitude mais de jardin secret. C'était son trésor le plus précieux, elle en était d'autant plus fière qu'elle avait du mal à le défendre face à tous ces gens qui voulaient en apprendre sur elle, à commencer par sa mère avec son désir permanent de "tête à tête" qui ne menait à rien, et certains hommes, jeunes ou vieux, avides de l'approcher et même de l'embrasser. Elle était peut-être immature, mais sa philosophie personnelle l'inclinait à s'enfermer dans une forteresse imprenable en cherchant à tout prix à n'y laisser entrer personne;( p.25-26)
Editions Autrement, 253 pages, 2011
Quatrième de couverture
- Vous pouvez m'épouser si vous le souhaitez.. Mais je vous préviens, vous ne savez rien de moi et vous ne serez peut-être pas très satisfait de ce que vous apprendrez.
- Je ne crois pas être amoureux de vous. Il ne s'agit pas de ce qu'on peut appeler l'amour... Vous me faites peur et je sais que nous courons au-devant de tous les dangers. Mais je sais aussi que vous m'avez réveillé, et que je me sens vivant depuis que je vous ai rencontrée. En fait, je suis convaincu que vous êtes faite pour moi. [...] Voilà ce dont je suis sûr : je vous veux pour moi seul.
Lorsque Venn propose à Shirin de l'épouser, il ne l'a vue qu'une fois, une décennie plus tôt. Elle avait seize ans. C'était à Port-Breton, où Shirin allait en vacances. De la côte, elle pouvait contempler la petite île de Storn, qui la fascinait - elle lui vouait même un culte secret. Mais jamais elle n'avait imaginé s'y rendre, jusqu'à sa rencontre avec l'héritier de Storn : Venn Le Breton, qui l'emmena découvrir l'île. Dix ans plus tard, Venn ignore que c'est de Storn dont Shirin est tombée amoureuse. Devenu son mari, il fera tout pour la plier à sa domination perverse et repousser Cristina, l'amie intime de Shirin venue partager leur huis clos au château de Storn.
Eté après été, les Wilson emmenaient leurs enfants en vacances au même endroit. Il est possible que ce désir de rester fidèle à leurs habitudes soit à l'origine des tragiques évènements qui eurent lieu trente ans plus tard - la mort de deux personnages, un meurtrier échappant à la justice, innocenté par un magistrat indulgent. L'incapacité de Mr. et Mrs. Wilson à s'écarter de leur routine bien établie pourrait donc être tenue pour responsable de ces drames troublants qui touchèrent leur entourage, tristes épisodes dont heuruesement ils n'eurent jamais connaissance....
Ainsi commence le récit de Shirin Wilson, dernière enfant de la famille Wilson, chérie par son père, en opposition constante avec sa mère qui se soucie de son caractère et de son avenir. Les Wilson vivent à Dulwich, une banlieue londonienne sans attrait. Shirin a seize ans, elle est jolie, intelligente et indépendante. A cette époque, elle a déjà décidé de prendre des cours du soir avec la Croix Rouge pour devenir infirmière. Un soir, le fils aîné invite Tracey, un collègue de travail, à dîner. Toute la famille est regroupée autour de la table. Tracey subjugue tout le monde, sauf Shirin- la retardataire qui le qualifiera par la suite de tapis de cheminée à longs poils noirs tout broussailleux... Ce soir-là, les Wilson décident de retourner sur leur lieu de vacances préféré: Port Breton. L'île de Storn au large , envoûte Shirin. C'est son rêve. "Je n'irai jamais, non jamais, pour rien au monde!"...elle voulait respecter le secret de ce lieu...Storn est un lieu sacré, à part , unique. Le symbole de l'amour... Cette année-là, la jeune fille railleuse va faire la connaissance du sombre et inquiétant jeune Lord de l'ïle : Venn Le Breton ainsi que de sa séduisante grand-mère...
Dix ans plus tard, les deux jeunes gens se retrouvent dans une soirée, à Londres. Shirin vient de divorcer de Miles Vane-Marrick un député réformiste arriviste , elle est mère de quatre enfants et paraît aux yeux de tous comme la plus séduisante femme et la plus mystérieuse aussi. Contre toute attente et en quelques jours, Venn Le breton décide de l'épouser et d'en faire sa propriété! Il l'installe à Storn...Etrange assemblage que ces deux-là !
L'indépendante et trépidante Shirin va devenir une femme exemplaire par son dévouement , aussi bien avec sa famille qu'avec les habitants de la région. Mais quelquechose aura changé en elle en épousant ce jeune homme. Je vous laisse découvrir la suite...
Vita Sackville-West évoque ce qu'elle connait bien : l'aristocratie anglaise , l'image de l'homme dans le mariage, les enfants qui apparaissent occasionnellement, la position des femmes dans le droit de succession, les amitiés particulières entre femmes...L'histoire est sombre, torturée. C'est avant tout un hommage au père , au rêve, à la liberté.
Est ce que j'ai aimé? Je suis une inconditionnelle de l'auteur. J'aime son écriture et cette atmosphère so british...
N.B.: Miles Vane-Merrick, premier époux de Shirin, est dans un autre livre de l'auteur que je lirai ultérieurement. Il s'agit de "Haute Société", sorti en 1932. "Dark Island" est, lui, sorti en 1934 donc sorte de suite mais je ne pense pas que cela ait beaucoup d'importance. Ce sont deux histoires indépendantes qui ont pour seul vecteur cet homme peu mentionné dans ce livre.
Editions Albin Michel, 120 pages, 2012
Ce sont les dernières secondes de ma vie. Mon esprit vient d'être expédié en unité de soins intensifs. Plus rien n'existe. Je suis là, dans la salle de bains, après le dîner, son portable à la main. Je vois toutes ces années exploser en vol. Sur l'écran de son portable, s'imprime ce texto: "Thank you my darling for the most wonderful week-end of my life". Je n'ai pas pu lire la suite. Je suis sorti de la salle de bains.
Charlotte avait oublié son téléphone à côté du lavabo. Elle rentrait de Londres, où elle était allée sous prétexte de vendre des bijoux anciens chez Sotheby's.
Par ce SMS, l'homme vient de découvrir que sa maîtresse le trompe. Il s'emporte, part de chez elle en claquant la porte. Charlotte accourt chez lui en larmes, implore. Tout s'apaise le temps d'une nuit après quelques coupes de champagne....quand même! On ne va perdre les bonnes habitudes!
-Tu sais pourquoi je t'en veux? lui dit-il. Parce que tu m'as donné envie d'aller voir ailleurs.
-ça non! Toi, ça serait par vengeance alors que moi j'ai fait ça par mégarde.
Charlotte sait y faire avec les bons gros chiens qui ont passé la cinquantaine, trop sensiblisés par deux divorces, flanqués de grands enfants, et friants d'une jolie femme à leurs côtés! Chacun a son appartement mais "on est ensemble" ! L'homme a perdu la face en quelques secondes. Que vont dire les gens s'il arrive seul à un dîner? Mon Dieu! ! Ridiculisé, il se perd dans cette désunion...mais jusqu'où?
Il fut faible. Il fut lâche. Il fit semblant de pardonner. C'était une blague. Il avait encore envie de la baiser, oui. Charlotte était sa prison. Il ne parvenait pas à s'en évader. Elle ne pourrait pas le tromper tant qu'il la tiendrait contre lui. A l'aide de caresses et de déclarations, elle essayait tant bien que mal de sauvegarder leur union, comme on regonfle un oreiller aplati. Il sentit fondre toutes ses résolutions.
Leur histoire devient absurde et malsaine. Il découvre que Charlotte n'a pas un mais plusieurs amants. Un dans chaque port! Elle ne sait pas qu'il sait. Elle plonge dans le mensonge et lui fait semblant.
Il faut aimer se torturer mais n'est-ce pas ce qui se passe quand on aime par dessus tout et qu'on se sent trahi? On dit bien que l'amour rend aveugle...et avec ce genre de femme, séduisante et mystérieuse , l'homme devient un grand nigaud qui n'a plus que sa plume comme arme: passion, colère, regrets, lucidité, amour et haine, confusion et enfin espoir se font écho.
Texte court, phrases courtes, écrit gros, ce roman se lit en une petite soirée. C'est le premier que je lis de cet auteur.
Editions de l'Olivier, 264 pages, 2007
Arlington Park, une banlieue résidentielle anglaise. Une pluie d'enfer tombe sur ses avenues vides et ses haies bien taillées, sur ses écoles et ses églises, sur ses rues et ses jardins. Elle tombe sur ses places victoriennes en hémicycle avec leurs fenêtres sombres, sur ses rangées de maison à baies vitrées, sur ses propriétés géorgiennes derrière leurs grilles, sur son labyrinthe de rues proprettes où les maisons à un étage étaient peintes de jolies couleurs. Elle tombe joyeusement sur la pelouse noire et désertée du parc, sur ses sentiers et ses buissons nets. Elle cogne, nettoyant les trottoirs, lavant les égoûts à grande eau, tambourinant sur le toit des voitures en stationnement. Toute la nuit, elle tombe...
...et sur la journée qui nous est contée aussi. 24h de la vie de l'Upper Middle Class.
Un quartier agréable, idyllique pour y élever paisiblement des enfants, loin de la vie tumultueuse de la grande ville, le confort de belles maisons spacieuses, une vie protégée pour des femmes en quête de reconnaissance. Arlington Park, entouré de banlieues moins prestigieuses qui faisaient prendre conscience à ses habitants de leur propre condition, plus satisfaisante; de l'intérêt, de la variété et du raffinement supérieurs de leur habitat.
Juliet Randall, professeur de littérature à mi-temps qui vit d'autres vies par le biais de la lecture, qui se lamente de voir son époux Benedict, professeur lui-même, la laisser se débattre avec les enfants et le quotidien...et pourtant, Benedicte essaie de faire des efforts, il va chercher les enfants une fois par semaine, le soir où elle anime le Club de Lectures du collège....!
Amanda Clapp qui s'occupe exclusivement de son fils, de sa maison, femme rigide, perfectionniste, maniaque à l'extrême, sorte de machine à tout calculer, à tout contrôler, bien malheureuse que sa grand-mère dise d'elle qu'elle n'avait pas de coeur, que James, son mari, balance à sa propre soeur " à maison propre, femme ennuyeuse!" Amanda se sent seule. Ce jour-là, elle reçoit quatre de ces femmes d'Arlington à prendre le café, des oisives, des curieuses....
Maisie Carrington, mère de deux petites filles scolarisés qui lui laissent suffisamment de temps libre la journée pour accompagner docilement deux jeunes femmes avec leurs petits dans une galerie marchande où elles vont "s'éclater". Maisie est tout en retrait avant d'exploser comme seule, une femme tourmentée peut exploser...
Solly Kerr-Leigh, enceinte de son quatrième enfant qui décide de louer sa chambre d'amis à une étudiante étrangère afin d'en récolter quelque argent, histoire aussi d'ouvrir les yeux sur le monde extérieur et de vivre d'autres vies par procuration...
Enfin Christine Lanham, le trublion, qui apparait au café chez Amanda, à la Galerie marchande avec Maisie, qui passe sa vie "à l'extérieur" et qui, le soir venu , invite chichement trois couples chez elle dont deux des femmes qu'elle a vues dans la journée...totalement débordée, elle noie son désarroi dans l'alcool...
Triste constat que toutes ces femmes "post-féminisme" qui se livrent l'une à l'autre dans leurs moments de solitudes.
J'ai trouvé ce roman d'une grande lucidité. La psychologie des personnages est bien étudiée, chacune pouvant être un roman à elles seules. Quelques femmes sortent du lot, en se sentant trés bien dans leur vie mais on y retrouve surtout des femmes insatisfaites, prisonnières d'un mariage, sacrifiées . Aucune ne semble avoir de passions particulières qui puissent les sortir de cette monotonie.
J'ai beaucoup aimé, à la fois la plume et le thème et j'essaie de trouver "Les variations Bradshaw"où, cette fois, c'est l'homme qui reste au foyer...
Editions Pocket Jeunesse, 310 pages, 2012
Ce livre m'a été offert cet été, par ma belle soeur espagnole. Elle m'avait déjà parlé de cet auteur et, à la lecture des nombreux billets sur la blogosphère, je savais qu'un jour le ne pourrais pas le contourner indéfinitivement. Parait-il que ce n'est pas le meilleur. Parait-il que c'est un livre pour la jeunesse. Personnellement, sans recul et sans à priori de toutes sortes, je me suis laissée embarquer dans l'histoire tout en pensant à mon ado de fille qui adorerait le lire. Je n'ai pas manqué de lui en parler mais elle est restée imperturbable, plongée qu'elle était dans "Ne tirez pas sur l'oiseur moqueur" qu'elle dévorait de son côté ( conseil de lecture du prof de français)...mais je m'éloigne du sujet !
Quatrième de couverture
Solitaire, Osacr aime se promener après les cours dans les rues envoûtantes de Barcelone. Un jour, il rencontre la jolie et mystérieuse Marina. Liés par un amour de plus en plus fort, les adolescents n'ont peur de rien, pas même de suivre une femme au comportement bizarre...Qui est-elle et pourquoi se rend-elle sur une tombe gravée d'un papillon noir? Lancés sur la piste d'une énigme qui hante la ville depuis trente ans, Oscar et Marina risquent de se perdre...
...et moi avec! J'ai même eu peur en lisant certains passages (oui, je suis parfois trés sensible...) particulièrement l'épisode lorsqu'il retourne au collège à la veille de Noël. Les couloirs sont déserts, les pensionnaires sont tous rentrés chez eux, le tonnerre gronde, l'éclair passe à travers les volets fermés de sa chambre. Avant de s'endormir, il tient le portrait de Marina esquissé au crayon par son père. Soudain, il est réveillé par le vent qui souflle sur sa figure, la fenêtre est grande ouverte, le dessin a disparu, la pluie tombe dans sa chambre, et une odeur de pourriture qu'il a appris à reconnaître est là, présente.
Quelqu'un ou quelquechose était entré par cette fenêtre durant mon sommeil.
Lentement, en tâtonnant, j'allai vers la porte. j'essayai d'allumer la lampe qui éclairait toute la chambre. Rien. J'inspectai le corridor qui se perdait dans les ténêbres. Je sentis de nouveau la puanteur, plus intense. Le sillage d'un animal sauvage. Soudain, il me sembla entrevoir une silhouette qui pénétrait dans la dernière chambre.
J'appelai d'une voix étranglée:
-Madame Paula?
La porte se referma doucement. Je respirai avec force et m'avançais dans le corridor, déconcerté. Je m'arrêtai en entendant un sifflement, pareil à celui d'un reptile, qui murmurait un mot. Mon nom. La voix venait de l'intérieur de la chambre fermée.
-C'est vous, Madame Paula? balbutiai-je en tentant de contrôler le tremblement qui agitait mes mains.
Je fis un pas vers l'obscurité. La voix répéta mon nom. Une voix comme je n'en avais jamais entendu. Une voix rauque, cruelle, où saignait la maladie. Une voix de cauchemar...
Allez, je vous fais grâce de la suite! Déjà, si vous êtes seule dans votre lit, trés tard dans la soirée, quand vous savez que plus personne ne peut venir à votre secours, si la porte se met à grincer, s'en est fini de vous!!
A cela s'ajoute, la femme en noir, style la dame en blanc, mais en noir...pour peu que vous ayez vu Belphégor dans votre tendre jeunesse, le film d'horreur commence!...et quant à la fin, non, je ne vous la dirai pas...ça me rappelle un autre film...
Enfin voilà, j'ai eu quelques bons frissons en me disant "Pfff, c'est un rêve! Il va se réveiller et rien n'aura existé!"...il me fallait savoir et j'ai eu du mal à m'arrêter. Franchement, je me suis régalée. L'écriture est agréable et l'histoire haletante.
Mystère , aventure et fantastique .
Si les autres sont encore mieux, je prends un abonnement et tant pis si ce livre est estampillé "Pocket jeunesse !
"J'avais tendance quand j'étais adolescent à éviter les livres qui portaient la mention "pour la jeunesse". L'idée que je me faisais d'un livre destiné à des jeunes gens était exactement la même que celle d'un livre destiné à n'importe quel type de lecteurs: on s'immerge totalement dedans. (...)
Dans le cas de "Marina", comme dans celui du Principe de la Niebla, j'ai essayé d'écrire le genre de livre que j'aimais lire dans mes années d'adolescence, mais aussi un livre qui puisse continuer à m'intéresser quel que soit mon âge, vingt-trois, quarante ou quatre-vingt-trois ans..."
Carlos Ruiz Zafon, déc.2009
Bonne lecture!
Editions Acte Sud, 288 pages, 2011
Il existe au musée du Louvre un portrait attribué à Titien, intitulé "L"Homme au gant", qui représente une curiosité.
La signature apposée au bas de la toile, TICIANUS, toute en majuscules, semble peinte de deux couleurs différentes. Le visiteur attentif peut constater, pour peu qu'il approche son regard du tableau, que le T est peint en gris foncé, alors que le reste du nom, ICIANUS, est en gris-bleu. La différence de couleur n'est pas criante, mais elle est indiscutable.
En 2001, à l'occasion de son exposition "Venise ou la Couleur retrouvée, le musée d'Art et d'Histoire de Genève a reçu le tableau en prêt. Frappé par l'anomalie de la signature, l'historien de l'art chargé de l'accrochage a pris sur lui de procéder à une analyse.
Le résultat de cette recherche était jusqu'à récemment classé dans les archives du département des restaurations sous la référence DR-2001-48-VL-RX et consultable sur autorisation. La récente Loi génevoise sur la transparence des archives d' Etat (LTAE), votée par le Grand Conseil en octobre 2009, y donne désormais libre accès.
Voici l'essentiel de ce rapport.
S'ensuit l'hypothèse selon laquelle la première lettre aurait bien été peinte par l'auteur du tableau ( c'est à dire: le Turquetto) et que les autres lettres auraient été recouvertes par une autre main ( celles du Titien). Tout cela pour aboutir au fait que le tableau du Titien ne serait pas de lui. Bien sûr, comme nous connaissons peu de choses de cet homme, tout ceci peut être vrai ou inventé mais , par cette introduction, Metin Arditi, nous a déjà pris dans les mailles de son filet!
Pourquoi y aurait-il eu une seconde signature? Et pourquoi le grand maître de Venise aurait-il fait cela? Il faut revenir sur la vie du Turquetto et de cette époque à la fois faste et intolérante.
Constantinople, 1531
Elie Soriano, dit "Le petit Rat", a douze ans . Il est né juif dans un pays musulman, nourri au sein par une grecque orthodoxe. Son père travaille pour un marchand d'esclaves, seul travail réservé aux juifs de l'époque. Elie, lui, a une passion pour le dessin que sa religion interdit. Son père, veuf depuis sa naissance, se sent trahi par ce fils qui a honte de lui. Toute la journée, l'enfant parcourt le Grand Bazar de cette ville consmopolite, rendant visite à son ami graveur Djelal Baba, se réfugiant dans l'Eglise Saint Sauveur pour dessiner sous la protection du pope Efthymios. Lorsque son père décède, il est encouragé à fuir le pays et s'embarque pour Venise sous le nom Ilias Troyanos.
Venise, 1574
Ilias est devenu le grand Turquetto. Il a réalisé son rêve: devenir peintre et pas n'importe lequel! Elève du Titien à son arrivé, il a aujourd'hui ses propres ateliers et de nombreux apprentis . C'est un homme reconnu, ni aimé, ni détesté, qui travaille beaucoup et se montre peu en public. Il est marié à une chrétienne, un peu simplette et est père d'une jeune femme bien mariée qui vient de lui donner une petite fille...elle est baptisée par le doge Gandolfi en personne. Que du gratin à cette cérémonie! Pourtant Gandolfi déteste cette ville de pouvoir. Ville de plaisirs, de mensonges, de vanités, de corruptions, elle en oublie toute sincérité. Au XVIème siècle , il est de bon ton d'être bien entouré et les rivalités sont de mise.
Pour pratiquer son art, Elie a donc caché ses origines à tout le monde. Sa liaison avec la jeune Rachel, son modèle pour la Vierge Marie, juive comme lui, va faire basculer sa vie...
Histoire envoûtante sur l'Art , le pouvoir et les religions.
Excellent!
Editions Livre de Poche, 288 pages, 2011
Philippe Lafosse a vingt-sept ans. Il est père d'une petite fille de six ans et demi à qui il raconte chaque soir l'histoire du prince des étoiles et de la princesse de l'Aurore. Divorcé depuis trois mois, c'est son dernier jour de lecture au chevet de sa fille. Sa femme l'a sommé de quitter le domicile, définitivement.
C'est le mois d'août. Philippe a nullepart où aller. Les hôtels sont complets. Il va dormir dans sa voiture sur le parking de son travail. L'échec de son couple, le divorce qui s'ensuit, le manque de sommeil et l'absence de sa fille, tardent pas à influer sur son travail. Son CDD n'est pas renouvellé. Vivre chez des marchands de sommeil, payer la pension alimentaire, sans travail, l'argent finit par se tarir, le téléphone portable est coupé et il se retrouve vite SDF.
C'est la descente aux enfers . Son ex-femme reste sourde à ses appels, le privant ainsi définitivement de sa fille. Son meilleur ami se détourne à son tour. Par fierté, il laisse ses parents en dehors de sa déchéance. Totalement démuni, il va connaître la terrible loi de la rue. Il ne lui restera pour seul compagnon que Baudelaire, un chien trouvé dans la rue et collé à ses basques. C'est parce qu'il a ce chien qu'il se retrouve sur la péniche "Le Fleuron Saint-Jean", seul endroit qui accepte les animaux. Grâce aux conseils de cet organisme et à l'appui d'un vendeur de Kebab, d'une madame pipi et d'une riche veuve, Philippe va reprendre espoir.
L'amour qu'il porte à sa fille m'a beaucoup touchée, rendant dans le même temps, sa femme et sa belle famille, ignobles.Son histoire ressemble à celle de bon nombre de gens ordinaires aujourd'hui qui, suite à un divorce, une perte de travail, le surendettement, se retrouvent à la rue. Pas de famille ou silence volontaire par pure fierté, la descente est rapide et terrifiante.
Voilà un livre qu'il ne faut pas manquer ! Une fois commencé, il se lit d'une traite et on ne tarde pas à se poser une multitude de questions sur le pourquoi de cette situation...L'amour, l'amitié, la solidarité sont des mots clés.
Bonne semaine de lectures!
Mes lectures d'hiver:
-"La noce d'Anna" de Natacha Appanah
-"Le turquetto" de Metin Arditi
-"Le sang de l'hermine" de Michèle Barrière*
-"L'enfant rieur" de Henry Bauchau
-"Stefan Zweig" de Dominique Bona
-"La répétition" de Eleanor Catton
-"Un hiver avec Baudelaire" de Harold Cobert
-"Arlington Park" de Rachel Cusk
-"Les privilèges" de Jonathan Dee
-"La faute de goût" de Caroline Lenoir
-"Quand les lumières s'éteignent" de Erika Mann
-"Le mec de la tombe d'à côté" de Katarina Mazetti
-"Deux" de Irène Nemirowski
-"Les jumelles de Highgate" de Audrey Niffenegger
-"Les choses" de Georges Perec
-"Un homme" de Philip Roth
-"Dark Island" de Vita Sackville-West
-"La pelouse de camomille" de Mary Wesley
-"La nuit" de Elie Wiesel
-"Marina" de Carlos Ruiz Zafon
Mes ajouts:
-"Mufle" d'Eric Neuhoff
Carl Larson " Brita"
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LE SALON DU LIVRE de PARIS 2012
http://www.salondulivreparis.com/
Au programme:
- Lettres japonaises à l'honneur
- Moscou ville invitée
- Du livre au film
- Le livre dans la cité
- La culture Manga
Musée Maillol
Jusqu'au 12/02
**
Musée du Luxembourg
Jusqu'au 26:02
Belle expo! ****
et....
à l'espace Landowski-Boulogne Billancourt
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