"Deux" de Irène Némirowsky

Publié le par Du soleil sur la page

 

 

Editions Albin Michel, 293 pages, 2011

 

Quatrième de couverture

 

Ecrit avant les évènements tragiques de 1940, "Deux" reflète parfaitement  le talent de la romancière pour décrire le charme de la rencontre amoureuse, la dégénérescence dans le mariage, et la paix retrouvée entre les époux. Marianne, fille d'un peintre connu, n'a qu'un désir: s'amuser. Sa vie n'est qu'une succession de bals et de sorties mondaines. Charmeur et volage, Antoine séduit Marianne. Elle l'aime, il ne l'aime pas, qu'importe....il finira par l'épouser.

 

 

 

Dans l'entre-deux-guerres, les jeunes gens avaient découverts trés tôt qu'ils étaient mortels...il fallait se hâter de respirer, d'embrasser, de boire, de faire l'amour!...Antoine Carmontel et ses amis profitent du bon temps, filles comme garçon. Il  a une maîtresse depuis trois ans, Nicole, une femme divorcée, plus âgée que lui " encore trés belle" , libertine lorsqu'il fait la connaissance de Marianne Segré, fille du grand peintre Didier Segré. C'est la nuit de Pâques, le premier printemps après la guerre. Ils ont quitté une soirée ennuyeuse pour se rendre dans la cmapagne, dans un petit hotel, deux jeunes filles et trois garçons ...

 

Ils s'embrassaient. Ils étaient jeunes. Les baisers naissent si naturellement sur les lèvres quand une fille a vingt ans! Ce n'est pas l'amour, mais un jeu; on ne cherche pas le bonheur, mais un moment de plaisir. Le coeur ne désire rien encore: il est comblé d'amour dans l'enfance, saturé de tendresse. Qu'il se taise maintenant. Qu'il dorme! Qu'on oublie!

 

 

Marianne et son amie Solange s'amusent. Elles ne sont pas trés "sages". Antoine et Dominique qui partagent un même appartement sur l'ïle St Louis, et qui ont connu les tranchées, s'amusent aussi. Seul, Gilbert, le frère aîné d'Antoine, se montre plus réservé. La raison en est son amour pour Solange qui, elle,  profite du bon temps avec Dominique. Rien de sérieux chez ces quatre-là.

 

Antoine retrouve Marianne au cours d'une fête qu'elle donne chez elle. Dés lors, et las de sa maîtresse, le jeune homme entre dans une relation étrange avec la jeune fille. Ne sachant pas aimer, il joue avec elle, lui pose des lapins. Elle ferme les yeux, elle ne cherche pas le bonheur, elle cherche les plaisirs, le mariage, les enfants, une petite vie bourgeoise avec ses faux-semblants. Ces deux-là ont le coeur écorché.

   

 

-Est-ce que vous m'aimez?

Il ne répondit pas. Il pensait: " Qu'est ce qui me plaît en elle? Elle n'est pas jolie. Ou, du moins, elle ne le sera pas longtemps, et elle est une petite garce, comme toutes. Est-elle intelligente? Comment savoir à vingt ans, avec ce bagout identique pour toutes et qui leur tient lieu de culture? Elle a des attaches fines, c'est indéniable, et une de ces voix vives et douces qui ne sont pas encore posées, voix d'enfant dans le rire et dans les notes aiguës, voix de femme à d'autres moments..."

[...]

"Mais non, je ne vous aime pas" dit-il tout bas.....

"Je ne sais pas aimer"

 

Marianne et Antoine se marient. Lui, volage, ne tardera pas à aller voir ailleurs...et cet ailleurs sera source de souffrances... 

 

Peut-être, songea-t-elle, nous n'étions pas destinés l'un pour l'autre? Et maintenant, que de liens qui nous retiennent malgré nous, qui nous retiendront toujours! Comme  on se hâte d'aimer quand on est jeune! Comme on  peur d'attendre! Comme on se presse de faitre son choix, d'infléchir sa vie dans telle ou telle direction! On reproche à l'existence  cette part de fatalité sur laquelle nous ne pouvons rien. Au contraire, elle est trop docile, trop malléable; elle prend trop facilement, sinon la forme, du moins la caricature de nos désirs...

 

 

Dissection du couple, de la passion et du désenchantement, Irène Nemirowsky sait captiver. Le tableau est sombre et cruel ; l'époque incertaine. Là encore, sous les traits de Mme Carmontel, l'auteur évoque la mère, peu aimante. Il est aussi question d'avortement, du "Deux" dans le mariage qui est plutôt synonyme de prison "Je me suis entravée, emmurée moi même", de solitude, d'ennui aussi . 

 

Je ne m'en lasse pas. Je poursuis donc  la lecture de cette auteure.

 

J'ai beaucoup de retard dans mes billets aussi, je vous dis à trés bientôt!

 

 

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S
C'est un régal ! Je te le conseille !
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S
J'ai découvert il y a peu cette écrivaine avec "suite française" que j'ai adoré. Je lirai les autres ouvrages !
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D
<br /> <br /> Voilà celui que je n'ai pas encore lu!<br /> <br /> <br /> <br />
I
Je ne connaissais pas ce roman de Némirovsky (il faut que je vérifie s'il est inclus dans ses Œuvres complètes, parues en fin d'année dernière) mais l'histoire me rappelle fortement "Le<br /> malentendu", un autre de ses romans dont le thème me paraît fort similaire.
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D
<br /> <br /> Il y a quelques parallèles, oui, comme, l'homme et ses maîtresses, la femme fortunée et naïve, l'idylle complexe mais dans "Le malentendu", il s'agit surtout d'un homme meurtri<br /> par le manque d'argent... <br /> <br /> <br /> <br />
A
Il m'en reste encore un certain nombre à découvrir de cette auteure, dont celui-ci.
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D
<br /> <br /> Je pense que le prochain sera "David Golder"...<br /> <br /> <br /> <br />