"La plage" de Marie Sizun

Publié le par Du soleil sur la page

Ce billet s'est fait attendre. Le voici enfin!

 

Je suis devenue une inconditionnelle de Marie Sizun, comme quelques-unes d'entre vous  sur la blogosphère ( en particulier Sylire).

Tout est parti de l'aventure ELLE à laquelle j'ai participé entre 2008 et 2009. Marie Sizun venait de remporter au mois de mai, le Grand Prix des lectrices de ELLE pour "La femme de l'allemand". 

En octobre 2008, elle était invitée à la Librairie Cheminant de Vannes.  C'était à l'occasion de la sortie de son troisième roman"Jeux croisés". Elle y annonçait alors la préparation de celui qui devait sortir un an plus tard "Eclats d'enfance", relatant ses jeunes années.

Entre ces deux parutions, j'avais eu le temps de rattraper mon retard et de découvrir "Le père de la petite" et "La femme de l'allemand", ses deux premiers romans. 

Marie Sizun, c'est comme une petite musique lancinante , douce amère qu'on ne peut plus quitter, année après année....elle parle beaucoup de l'enfance, des relations à deux, mère-enfant, père-mère, homme-femme, et puis de" l'autre"...il est  beaucoup question de solitude, d'attente,  d'âmes en peine, de doutes  mais aussi d'amour....

C'est le cas de ce dernier livre.

 

Parce que Marie Sizun a suivi des cours de psychologie, elle parle trés bien des âmes en souffrance.

 

 

Plage

Editions Arléa, 261 pages, 2010

 

Présentation de l'éditeur

 

Un peu perdue sur une plage bretonne, une femme attend l'homme qu'elle aime. Il a promis de la rejoindre à la fin de la semaine, pour huit jours ensemble. Il est marié. Dans l'impatience heureuse, puis l'anxiété de cette attente, elle trompe sa solitude en regardant, en écoutant autour d'elle tous ces gens en vacances... Images et voix diverses qui font remonter en elle des souvenirs tantôt proches, tantôt lointains, qui, bientôt, lui parlent étrangement. Qu'il vienne ou non, cet homme attendu, elle ne sera plus jamais la même. Avec un art qui lui est propre, Marie Sizun dresse le portrait tout en nuances d'une femme d'aujourd'hui. Avec finesse, elle explore l'intimité des êtres dans leurs moments de doutes et de passion. Plage est son cinquième livre publié aux éditions Arléa.

 

Le décor de "La plage", c'est celui de "Jeux croisés": La Bretagne... la plage de V..., la plage de S...( comme Sizun , son pseudonyme)...un bourg, à cinq cents mètres de la plage, de ses villas et de l'hotel où l'héroine a choisi de passer une semaine en attendant la venue de son amant...un homme marié, père de deux enfants...Cette fois, l'héroine est celle qui prend la place de l'épouse légitime...

 

L'idée m'est venue d'aller découvrir "le bourg"...

-Il n'y a rien là-bas...rien à voir, rien à acheter, vous verrez!"

C'est un gros village en effet sans caractère, morose, endormi, tout gris, que j'ai trouvé encore mouillé du dernier crachin. Un agglomérat d'une vingtaine de pavillons récents, faussement bretons, avec, perdus au milieu, quelques "maisons de bourg" du siècle dernier, mais quelconques et trés délabrés. Un seul commerce, une boulangerie qui vend aussi un peu de tout, "pour dépanner", car  le supermarché est à cinq kilomètres, me précise la boulangère, une trés jeune fille, pâlotte, le regard ennuyé. Je vois bien qu'elle a envie de bavarder...

 

La jeune femme attend son amant en arpentant la plage. Seule dans l'attente, elle regarde et écoute la vie des autres, en s'adressant à l'homme qu'elle aime et qui ne l'appelle plus.

 

Je suis triste, mon amour. Frustrée par cet appel manqué. Privée de toi. Mais aussi inquiète, mordue d'angoisse. Les choses ici m'apparaissent autrement qu'à Paris. Et toi, toi aussi, tu me sembles autre, lointain, distrait, comme si j'étais non seulement loin de ton regard, mais aussi de ta pensée.

Comme je vis étrangement ici! Au point de douter que ce soit encore moi. Que je sois la même personne. Et pourtant j'existe. Je ne fais même que cela. Je regarde. J'écoute. Je rêve. Mais quelquechose de moi n'est plus là.

 

Que se passe-t-il? Pourquoi n'as-tu pas rappelé depuis cet appel râté du matin? Et d'où téléphonais-tu , hier soir, lundi? Tu ne me l'as pas dit. Je ne sais rien de la façon dont les choses se passent là-bas. Y-a-t-il eu un évènement particulier? Est-ce qu'un des enfants est malade? Ou bien c'est "elle"? Et cette façon  que tu as eu de couper court en disant "je te rappelle" juste avant de raccrocher! Si encore je pouvais te rappeler, moi, te dire mon angoisse, ma colère! Mais, bien sûr, tu restes inaccessible, ni portable ni numéros où te joindre. Tu es quelqu'un qui n'existe plus. Sans adresse, sans lieu où t'imaginer.

 

Nous sommes mardi, mardi matin...Seulement mardi matin! Encore mercredi, jeudi, vendredi...Et enfin, ce sera samedi...

 

Mon amour, ta voix. Si seulement je pouvais entendre ta voix. Seulement ça. Mais tu ne trouves pas de cabine téléphonique...ou bien tu n'as plus de carte valide...ou alors, tout simplement, tu ne penses plus à moi?

 

Ces questions reviennent de façon lancinante ce qui la ramène peu à peu sur sa propre vie, son enfance, ses difficultés avec sa mère, la disparition de son père qui l'a beaucoup protégée tout en la quittant de façon mystérieuse, certains soirs, la laissant seule avec sa mère....ce retour sur soi va l'aider à comprendre son cheminement.

 

On ne s'en lasse pas .

J'attends, moi aussi...le prochain roman de Marie Sizun!

Après la femme seule, la femme malade, la femme trompée, la femme qui trompe, qu'allons nous découvrir?

 

 

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
S
<br /> Non, je ne connais pas le titre, je ne sais pas non plus quand il sortira mais je sais que l'on risque d'être un peu déroutées...<br /> <br /> <br />
Répondre
D
<br /> <br /> Je suis impatiente!<br /> <br /> <br /> <br />
S
<br /> il manque un i à "bouillir" !<br /> <br /> <br />
Répondre
D
<br /> <br /> Et voilà, j'ai trééééés envie de savoir...sais-tu déjà si ce sera pour l'été?...et le titre<br /> <br /> <br /> Bon week end, Sylire<br /> <br /> <br /> <br />
S
<br /> Tu te doutes bien que ce billet ne pouvait pas m'échapper... oui, je suis une inconditionnelle de l'écrivain (et de la femme, adorable). Je pense que son prochain livre va surprendre mais<br /> chut...j'ai promis à Marie de ne rien dire (je sens que maintenant tu vas boullir d'impatience !)<br /> <br /> <br />
Répondre
A
<br /> Comme toi, j'ai lu "le père de la petite", "la femme de l'allemand" et celui-ci...une écriture envoutante, et un écrivain que l'on souhaite continuer de suivre quand on a commencé à la lire.<br /> <br /> <br />
Répondre
D
<br /> <br /> Exactement. Il y a des auteurs que l'on aime plus particulièrement retrouver.<br /> <br /> <br /> <br />
A
<br /> Je n'en ai lu qu'un d'elle, j'ai beaucoup de retard, que j'espère rattraper un jour. J'avais énormément aimé son écriture.<br /> <br /> <br />
Répondre
D
<br /> <br /> Nous avons toujours beaucoup de retard...c'est rassurant de ne pas se sentir seule dans cette aventure!<br /> <br /> <br /> On finit toujours par revenir sur les invitations des unes et des autres...un peu plus tard, à son rythme. C'est le temps qui manque.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />